EXPOSITION

VERNISSAGE

09/06/2022 à 18:00

FINISSAGE

02/07/2022 à 16:00

Cosmographies

Du 10/06/2022 au 02/07/2022

Cosmographies

Durant le mois de juin, trois artistes livreront chez ODRADEK leur relevé du cosmos.

Partant de ce présupposé des philosophes présocratiques que nous sommes reliés à la phusis, Laure Winants, Louise Charlier et Olivier Pestiaux ont mené une recherche portant sur nos contacts avec l’univers et ses étoiles. Depuis toujours le ciel nous fascine et notre imaginaire n’a pas manqué d’établir de multiples récits au sujet de l’infiniment loin et proche à la fois.

A l’aide des technologies et de l’astronomie contemporaines, les moyens de comprendre et d’examiner les astres s’avèrent objectifs, efficaces et bien sûr conquérants. Cependant, à côté de cet esprit scientifique se manifeste une démarche artistique qui pose, par le biais de la fiction et de l’esthétique, des questions à propos de nos rapports sensibles, affectifs et imaginatifs au cosmos.

Laure Winants, avec son projet ALBEDO, gravite autour du monde scientifique de l’Observatoire du Pic du Midi de Brigorre en France où elle a séjourné. Elle pratique in situ une photographie expérimentale, qui consiste à imprimer en monochrome à la lumière solaire ou lunaire. Les images qu’elle produit sont des performances qui s’inscrivent dans le paysage et qui résultent d’un engagement physique avec les éléments qu’elle prélève des filtres de l’observatoire. Ils constituent la base de pigmentation servant à l’impression des photos.

Laure Winants, par ses expériences photographiques, s’attache à rendre visible ce qui d’habitude est invisible à nos yeux : les gaz atmosphériques, c’est-à-dire les matières polluantes récoltées dans les filtres qu’elle convertit en matière photogénique.

Louise Charlier est également artiste-chercheuse. Elle est en résidence en ce moment chez « Impression forte » à Bruxelles, et a créé de toutes pièces une agence spatiale Roscosmique, en collaboration avec Pierre Arese de l’ISELP. Liant une démarche pseudo scientifique à une enquête narrative débridée, elle ne fait plus de différences entre le monde des astronautes et/ou des astronomes et la pure fiction.

Le  livre des miracles datant du 16è siècle constitue pour elle un point de départ d’où les premières fascinations pour l’univers cosmique se répercutent dans nos rêves contemporains. A charge pour l’ingénieuse astrophysicienne révolutionnaire de nous en fournir la version plus actuelle.

Enfin, Olivier Pestiaux évoque dans ses œuvres nos affinités sensibles interdépendantes du rythme cosmique.  Nous sommes fondamentalement unis au cycle de la Nature et à l’atmosphère céleste que nous absorbons, écoutons, recevons.

C’est probablement au travers de la respiration et du rythme que s’exprime au mieux cette relation intime à la Nature et au cosmos. Faire le relevé du cosmos, c’est montrer les rythmes singuliers des cycles et des temps multiples. C’est superposer le temps infini à celui de l’instantané du souffle. C’est faire collaborer les temps longs de l’écoute et du geste à l’instantané du regard. Et tenter la dissolution pour mieux se connecter au grand Tout de la Nature. Olivier Pestiaux