EXPOSITION

VERNISSAGE

21/10/2021 à 18:00

FINISSAGE

13/11/2021 à 17:00

Philippe Brodzki et ses compagnons d’éternité

Du 21/10/2021 au 13/11/2021

 

Philippe Brodzki et ses « compagnons d’éternité »

Philippe Brodzki expose chez ODRADEK ses sculptures et leurs moules animant une dynamique du vide et du plein. On ne peut dès lors s’empêcher de se référer à l’esthétique extrême-orientale.

Anciennement les nobles chinois étaient accompagnés dans leurs sépultures par des statues qui avaient pour fonction de permettre le passage d’un monde à l’autre. Par cette pratique du culte des ancêtres, encore aujourd’hui très active, la statuaire chinoise accorde une grande importance aux générations claniques et à la parenté.

Il me semble que Philippe Brodzki partage cette même spiritualité à l’égard de ses ancêtres polonais et de ses maîtres initiateurs que sont Marcel Broodthaers et Joseph Beuys. Ses deux mentors eurent partie liée à l’animal. A leur suite, Philippe Brodzki crée dans son atelier une statuaire symbolique qui favorise un certain type de communication, celui entre deux mondes que notre culture sépare et qui pourtant ici racontent une histoire.

Par la pratique de la cuisson céramique, le sculpteur insuffle le chaud qui permet la transfiguration de la matière et libère sa spiritualité. En sortant du four, la sculpture se trouve animée d’un souffle intérieur. Philippe Brodzki crée de cette manière des statues énigmatiques nous communiquant leur état d’émotion sereine et d’attente. Le sculpteur, peu enclin à tout montrer, suggère, laissant le visible et l’invisible se partager l’aspect extérieur et intérieur de son œuvre. Il procède à une sorte d’autoportrait de son esprit, de son rythme, de ses tourments, de ses contradictions et surtout de son état originaire.

C’est ainsi que d’étranges chevauchants, sans velléité de domination, se retrouvent placés en position incongrue sur des animaux appartenant pour la plupart à la mythologie. Ou alors, si les figures humaines ne sont pas accompagnées d’animaux, elles demeurent dans l’ambiguïté d’un refus de genre car elles détiennent quelque chose qui se réserve. Dans l’attente et la latence elles convoquent notre imaginaire sans jamais lui servir de guide.

Comme dans une cantate de Bach une suite se décline, un regard introspectif sur la vie en entraîne un autre, nous emportant, rêveurs, sur le dos de notre homologue animal.

Simone Schuiten