CP Kiran Katara
EXPOSITION

VERNISSAGE

19/01/2017 à 18:00

Diagrammes

Du 20/01/2017 au 25/02/2017

DIAGRAMMES, TRACES et GRAPHES

Kiran Katara revient chez ODRADEK pour nous y confier ses diagrammes.

Interpellée par ses origines indiennes, elle interroge le rapport mots-images en convoquant sur papier de l’énergie non encore codifiée. De cette manière, sa démarche s’apparente à la philosophie contemporaine de Gilles Deleuze qui révèle l’existence d’une pensée par diagramme.

Par son tracé, une disposition graphique advient pour présenter des variations dessin-écriture. Ses diagrammes nous montrent et nous expliquent à leur manière que les relations entre le tout et les parties s’avèrent mobiles, changeantes et paradoxalement s’harmonisent selon une logique qui leur est propre.

Qu’il s’agisse des variations d’un phénomène, d’une tache d’encre ou d’une trace dans l’épaisseur du papier, une déclinaison trouve un point de fuite et de déploiement mais aussi de repli.

Les recherches de l’artiste s’acheminent à partir d’un dispositif d’agencement de signes qui favorise la variation et la communication entre des séries divergentes. Tout se passe comme si Kiran Katara parvenait à donner la parole à ses mains, laissant surgir du tracé le mouvement de la pensée.

Dans ses diagrammes textuels, lieux de spéculations graphiques, une écriture architecturale apparaît tout en mutation et en devenir, c’est-à-dire que les assemblages s’avèrent perméables à l’altérité.

Ce qui se joue dès lors dans l’œuvre de Kiran Katara relève d’une logique cartographique désolidarisée des enjeux modernes comme la technique, l’efficacité ou la rentabilité.

Comprendre la pensée diagrammatique revient à se rapporter au monde en tant que vouloir vivre et aux forces fondamentales en devenir. Celles-ci se déploient selon le principe vital du rythme du meurs et deviens, ou encore de la dualité fondamentale attraction-répulsion.

Réceptive à l’Orient, Kiran Katara, pratique par les graphes auxquels elle donne vie la philosophie dans le sens le plus large du terme puisqu’elle revient à ce qui précède la pensée. Elle nous prouve ainsi qu’il y a du devenir dans le tracé.

Simone Schuiten