EXPOSITION

VERNISSAGE

17/03/2022 à 18:00

FINISSAGE

30/04/2022 à 16:00

De la matière

Du 18/03/2022 au 30/04/2022

Répondant à l’appel d’ODRADEK, sans cesse en recherche de nouvelles connexions, Christine Nicaise et Fabienne Claesen nous confient leur coalition avec la matière.

Soit en laissant l’acrylique et l’huile révéler leurs affinités, soit par l’argile rencontrant la texture du bois, les deux artistes nous donnent à voir de la matière en puissance et en acte. Celle-ci agit sur notre sensibilité, nous touche, nous affecte sans pour autant nous imposer une direction à suivre. Bien plutôt, les éléments à l’œuvre nous placent en pleine transaction entre l’humain et des substances rendues vivantes.

Christine Nicaise et Fabienne Claesen, l’une comme l’autre, se soucient de l’interdépendance existant entre les matières qu’elles transforment et le geste qu’elles posent sur elles. Au propre comme au figuré, elles composent, c’est-à-dire qu’afin de donner à leur réalisation de l’intériorité, elles négocient des alliances avec leurs associées peinture et terre.

 

Refusant tout support rigide ou toutes autres contraintes, Christine Nicaise renonce à fixer ses toiles sur châssis, elle préfère les laisser à leur propre tension.

Les grands formats composés au sol sont constitués de signes divers que l’artiste associe à la toile. Plus graffitis qu’écriture, des traces incisées ou collées deviennent matière, chaire de couleur, vie à fleur de peau.

Christine Nicaise laisse le temps travailler en sa faveur car après les couches d’acrylique vient la période de séchage pour les couches d’huile qui réajuste la superposition des signes ou des gestes encore en cheminement ou toujours à la charge.

 

Fabienne Claesen manie à pleines mains la terre et le bois. Il s’agit pour elle d’emprunter à la nature ces constituants fondamentaux pour les allier à un geste humain. Un étrange trafic comme un tour de passe-passe se produit entre les mains en accord avec l’esprit de l’artiste et la texture de la matière rencontrée et libérée.

Montées sur panneaux en bois, des traces de doigts apparaissent en marques successives. Une histoire se raconte à force de pression d’empreintes digitales. Le dire du doigt inscrit dans la terre meuble se montre à même une dynamique répétitive. Avec Fabienne Claesen le pouce s’est inscrit dans la terre de manière linéaire et rythmée jusqu’à l’obtention d’une texture mixte peau-terre.

D’une autre façon, l’artiste dresse à la verticale des formes mi-humaines mi-arborescentes qui rappellent que la peau demeure cet entre-deux, hommes-monde.

 

Christine Nicaise et Fabienne Claesen, ces affranchies aux œuvres agissantes,  partagent avec fougue un échange d’énergie circulant entre les pôles nature-culture.