EXPOSITION

VERNISSAGE

10/02/2022 à 18:00

FINISSAGE

12/03/2022 à 16:00

Expressions de l’organique

Du 11/02/2022 au 12/03/2022

Expressions de l’organique

Albane Mauberquez et Ghita Remy se réunissent chez ODRADEK pour faire apparaître leur pratique esthétique. Elles recourent à cet espace de rencontre afin de donner vie à la présence des traces que leurs mouvements encore actifs libèrent dans la matière à l’œuvre. Pour elles, il s’agit tout simplement de donner voix ou rendre musicaux les signes qu’elles laissent courir sur un support réceptif prêt à s’exprimer.

Le phénomène du toucher et de l’expression gestuelle spontanée, liés à une conception du temps non mesurable nous invitent alors à nous approcher de quelque chose d’habituellement invisible et inaudible. Se situant en dehors de toutes contraintes temporelles, elles pratiquent l’expérience rêveuse en vue de pouvoir s’ouvrir et être réceptives à l’appel des sens. Cherchant à apprivoiser le papier, le tissu ou la terre, elles commencent un cheminement qui se développe par la recherche de quelques données originaires, essentielles ; la vie avec ses tensions primaires, organiques.

Albane Mauberquez expose des gravures en évolution continue. Le cheminement rythmique ainsi occasionné se manifeste comme une caresse qui nous est adressée, car rien n’est définitif, tout est indicatif.

D’une autre manière, à la recherche de l’énergie vitale nous animant, elle brode pour établir différentes tensions entre des fils de couleurs vives. Passant de l’envers à l’endroit, son aiguille brouille les pistes du montrer-cacher. Ce qui apparait n’est autre qu’un trajet vagabond d’une main peu scolaire.

« J’avoue ne pas travailler vraiment l’envers de la broderie, il vit son parcours à lui que j’adore découvrir en parallèle de l’avant. »

Ghita Remy, par ses estampages sur arbre, propose elle aussi une forme de léger toucher retenant quelques empreintes. « Je pratique une sorte de rite qui s’applique à toutes les étapes. J’applique la feuille humide sur l’arbre comme l’habillant d’un voile et puis je tapote avec la brosse sur l’écorce afin de lui laisser épouser le motif. Tout se passe comme si j’invoquais l’arbre, et finalement je lui enlève la feuille devenue sa seconde peau. D’une certaine manière je permets à l’arbre d’écrire son vécu et peut-être d’inscrire par lui-même son essence. »

A l’affut de ses dialogues avec la nature, qu’elle considère comme magiques, Ghita compose de petites sculptures transfigurant ce qu’elle a recueilli en prototype du féminin. Elle rejoint ainsi l’inlassable collecte de vitalité organique qui anime l’œuvre d’Albane Mauberquez.