Jipeng KE

Residency : January 2018 – February 2018
Exhibition : 02.09.2018 – 02.24.2018
Opening :

Jipeng Ke revient chez ODRADEK pour une nouvelle exposition utilisant la complémentarité chinoise de l’agir et du non agir.
Depuis 2010, Jipeng Ke trace inlassablement des lignes horizontales qui, par le trait de pinceau appliqué de manière continue et discontinue combinent et associent le temps et l’espace. Il accumule ces lignes en les superposant et en les laissant correspondre par transparence les unes aux autres. Se manifeste alors un rituel ou processus de vie amalgamant des couches de couleurs blanches et noires diluées.
Tout se passe comme si la main à l’œuvre n’avait plus besoin de tracer des signes lisibles et identifiables. Elle fait correspondre le blanc et le noir comme elle met en dialogue le plein et le vide. La charge codifiée de notre langage disparait ainsi au profit d’un acte méditatif auquel nous sommes invités à participer de manière contemplative.
L’acte de peindre s’avère simple, extrêmement simple, mais ce faisant, il s’inscrit dans une culture chinoise millénaire afin d’en dévoiler la vacuité. Le trait de peinture associé au geste du poignet prend son envol à partir de la toile vierge et n’a pas de fin. Les lignes répètent que l’acte de peindre est associé au temps et à l’espace pour contribuer à leur matérialisation esthétique. Ce perpétuel même geste humble et ouvert à l’infini s’adresse à nous. Il nous associe à une compréhension méditative du temps en devenir. Temps que nous pouvons maintenant interpréter selon les cheminements de notre propre regard qui « se vide » et retourne à la page blanche.
De ce fait, Jipeng Ke apparait comme un peintre bouddhiste à la recherche de l’expression la plus abstraite du trait de pinceau. Il additionne dans l’agir de la main des moments temporels et soustrait par le non agir tout ce qui limite son geste. Pour l’artiste accompli, l’acte performant de peindre se développe de deux manières différentes et cependant associées de l’agir et du non agir, que sont aussi l’adition et la soustraction.
Il nous conduit maintenant vers une autre compréhension de l’accumulation, une matérialisation vaine du temps.
Étant donné que Jipeng Ke utilise de la peinture diluée, le blanc se mélange au noir ou se combine avec lui, tout comme l’addition devient soustraction. Il n’est donc plus question de comprendre le travail de l’artiste de manière raisonnable mais plutôt comme un rituel célébrant une part inaliénable de l’infini.


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