Mouna Ikhlassy

Résidence : 01.03.2019 – 27.04.2019
Exposition : 01.03.2019 – 27.04.2019
Vernissage : 35 Rue Américaine 18h-21h 07/03/2019

   

Les villes temporaires

Après son exposition de 2016, Mouna Ikhlassy nous revient avec des œuvres qui questionnent, une fois encore, les exodes contemporains, la violence qui les accompagne et ce, par le biais d’une abstraction sobre, subtile, raffinée. Originaire d’Alep, c’est probablement sa formation d’architecte qui a poussé Mouna Ikhlassy à prendre pour point de départ des cartes. En 2016, il s’agissait de vues aériennes d’Alep et, aujourd’hui, ce sont des camps de réfugiés qui sont cartographiés subjectivement. Cartes à partir desquelles l’artiste compose un espace pictural. Espace dans lequel les tentes et les abris deviennent comme une écriture secrète que chacun peut déchiffrer. Espace qui superpose au canevas initial de la carte, un autre plan, plus contemplatif, plus abstrait et étrangement harmonieux. Parfois l’ordonnancement ressemble aux alignements militaires et, parfois, il disparaît dans une masse d’éléments agglutinés. En tout cas, le dédoublement des plans (la carte et la composition abstraite) traduit une volonté de lire l’image comme un voilement-dévoilement de la réalité. Les œuvres sont réalisées à la plume, au fusain noir ou à l’acrylique sur toile.

On l’aura compris, au-delà des aspects formels, Mouna Ikhlassy désire partager ses interrogations à propos de ces villes fantômes, appelées « camps de réfugiés ». Des « villes » qu’on dit provisoires, alors qu’elles deviendront probablement de véritables cités. Des « villes » qu’on dit transitoires avant le retour des populations, alors que ces camps posent à leurs habitants l’équation impossible : comment retrouver une mémoire collective, une identité, un projet de vie, dans un lieu qui se présente comme provisoire, bien qu’il ne l’est pas.

Simone Schuiten et Étienne Leclercq

 


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